lundi 16 juillet 2012


LE SON AU CINEMA
Au moment de la naissance du cinéma, entre 1890 et  1895, l’enregistrement et la reproduction des sons
étaient acquis, grâce au phonographe, inventé par Edison en 1877. (Le son était alors inscrit sur des
cylindres). Il était donc tout naturel que, très tôt, les inventeurs aient pensé au cinéma sonore. Avant même
l’apparition du cinématographe, Edison avait d’ailleurs conçu le Kinétophone, association d’un Kinétoscope et
d’un phonographe.
Le problème qui se posait aux chercheurs étaient la synchronisation de l’image et du son.
A partir de 1912, les programmes du Gaumont Palace comportèrent régulièrement de courts sujets sonores,
telles des scènes d’opéra ou d’opérette, filmé en postsynchronisation avant la lettre puisque l’artiste, pour
la prise de son, devait se placer devant l’embouchure du pavillon de l’appareil d’enregistrement. Hormis ce
genre d’attraction, le cinéma demeura donc muet. Mais ce ne fut pas pour autant un cinéma silencieux, bien
au contraire : sans même parler des bruiteurs, voire des commentateurs, il était rare que la projection ne soit
pas agrémentée d’un accompagnement musical, par un  pianiste dans les petites salles, par un orchestre
dans les grandes.
Pendant que certains s’efforçaient de synchroniser  disque et projecteur, d’autres s’attaquaient à
l’enregistrement du son sur le film par voie photographique. En 1907 l’amplification électrique des sons est
sur le point de naître. A la fin de la guerre de 14, le système aujourd’hui classique – amplificateur plus hautparleur – était devenu une réalité. Du coup les recherches sur le cinéma sonore reprirent.
En 1923 le Phonofilm à piste latérale est présenté à New York.
A cette date, la technique était donc à peu près au point. Mais on était alors dans la grande époque du muet,
qui présentait l’énorme avantage de l’universalité, au seul prix – modique – de la traduction des intertitres.
L’introduction du son était de nature à bouleverser l’équilibre économique de l’industrie cinématographique.
Néanmoins, les frères Warner sautèrent le pas.
En 1926, ils présentaient à New York le premier long métrage sonore : Don Juan de Alan Crosland. Il n’était
pas parlant mais seulement agrémenté de musique et de bruitage.
En octobre 1927, le grand coup fut enfin frappé par les frères Warner avec Le Chanteur de jazz de Crosland.
C’était pour l’essentiel un film muet intertitré avec accompagnement musical, mais il y avait aussi des scènes
où Al Johnson chantait et surtout parlait. Ce n’était pas le cinéma sonore qui arrivait : c’était « le parlant ».
La technique utilisée aujourd’hui pour sonorisé les films est le son optique (pour les films en distribution
commerciale dans les salles de cinéma). Le son est ici transcrit par des variations de la transparence d’une
« piste sonore » situées en marge du film. Au niveau du dispositif de lecture, cette piste est éclairée de façon
uniforme par une petite lampe dite « excitatrice ». De l’autre côté du film, une cellule photoélectrique reçoit
un éclairement variable, qu’elle transforme en petites variations électriques, amplifiées par l’amplificateur.  9
ELEMENTS DE LANGAGE CINEMATOGRAPHIQUE
L’échelle des plans
Le plan est la plus petite unité d’un film dont la durée est très variable. C’est un fait, un événement
tourné en une seule fois, sans arrêt de la caméra (lors de la prise de vue). Le plan tel qu’il est visible dans un
film monté (film projeté en salle) peut être une partie de ce plan de tournage. Un même plan de tournage
peut faire plusieurs plans dans un film monté.
Plan général ou plan d’ensemble :
Vision globale du décor, avec ou sans
personnages
Plan de demi-ensemble :
Plus resserré que le précédent (groupes de
personnages)
Plan moyen :
Personnages en pied avec décor bien visible.
Permet de se concentrer sur le(s) personnage(s).
Plan américain :
De la tête aux genoux. Provient surtout du
western (personnage vu avec le revolver le long
de la cuisse)
Plan rapproché :
La taille ou la poitrine. Plus intime que le
précédent.
Gros plan :
La tête (épaules) ou une partie du corps ou encore
d’un objet10
La séquence :
Succession de plans formant une unité autonome, le plus souvent d’ordre narratif, qui admet une plus ou
moins grande discontinuité spatio-temporelle.
Le plan-séquence :
Cas particulier de séquence (ou de plan). Filmage d’une prise unique comprenant par exemple des
mouvements de caméra, des changements de profondeur de champ, des entrées et sorties et déplacement
de personnages.
Insert :
Très gros plan (parfois gros plan) qui s’intercale  dans le déroulement logique d’une séquence à titre  de
rappel ou d’explication ou pour attirer l’attention
Plan de coupe :
Plan sans absolue nécessité, si ce n’est qu’il «repose» la narration ; il peut être utilisé comme insert ou pour
créer un certain rythme.
Profondeur de champ :
C’est la zone de l’image où la mise au point est correcte (netteté).
Angles et cadrages
Angle (de prise de vue) :
Position de la caméra par rapport au plan principal du motif
dominant
Le champ :
Désigne le fragment d’espace donné à voir, délimité par les
quatre côtés du cadre
Contrechamp :
Désigne le fragment d’espace opposé (à 180°) au champ
Champ / contrechamp :
Changement de place de la caméra. Permet de suivre
facilement les conversations, sans distraire le spectateur.
Hors-champ :
Désigne tout l’espace non montré par le champ, mais dont
l’existence est suggérée par celui-ci.
Très gros plan :
Il met en valeur un détail. 11
Angle normal :
A hauteur d’homme
Caméra subjective :
Le spectateur voit, par le biais de la caméra, avec les yeux d’un
personnage.
Plongée :
La caméra domine le sujet. Elle aplatit, suggère
l’écrasement, l’étouffement, l’angoisse, le danger, la
tristesse, l’isolement, etc.
Contre-plongée :
La caméra est au ras du sol et pointe vers le haut le
sujet. Elle magnifie, suggère l’exaltation, la
puissance, la domination, le triomphe, l’orgueil,  etc.
Angle oblique :
Cadrage penché. Suggère le déséquilibre, une
grande tension. 12
Les mouvements de caméra
Panoramique :
La caméra pivote sur son axe. Le panoramique peut être horizontal ou vertical.
Le travelling :
La caméra se déplace (généralement sur des rails)
Travelling avant : concentre l’attention sur le sujet
Travelling arrière : isole, découvre le sujet
Travelling circulaire : la caméra tourne autour de personnages
Travelling vertical : peut s’effectuer de bas en haut ou de haut en bas. On utilise souvent une grue
Le zoom :
C’est  le travelling optique. La caméra reste fixe, mais la focale de l’objectif varie. Il peut être avant ou
arrière. Contrairement au travelling qui permet de garder toute sa profondeur de champ à l’image, un zoom
avant en faisant varier la focale, diminue également la profondeur de champ (moins de netteté). Le zoom
avant procure également un effet d’écrasement, l’image est aplatie et n’a plus aucun relief.

LA PROJECTION
Mécanismes d’avance intermittente
Les projecteurs utilisent comme les caméras, l’avance intermittente du film : pendant que le film est
immobilisé dans le couloir de projection (qui le guide derrière l’objectif), l’obturateur démasque le faisceau
lumineux qui fait apparaître l’image sur l’écran ; l’obturateur masque ensuite ce faisceau, créant une phase
d’obscurité pendant laquelle le film avance d’une image ; puis le cycle recommence.
Pour réaliser cette avance intermittente, trois types de mécanismes sont employés.
Dans le mécanisme à rampe, assez peu employé, des ergots – solidaires cette fois du tambour denté –
viennent s’engager tour à tour dans les rainures hélicoïdales pratiquées à la périphérie d’un cylindre tournant
à vitesse constante.
Le  mécanisme de la griffe, apparu avec le
Cinématographe Lumière, est identique dans son
principe à celui des caméras : une ou plusieurs
griffes pénètrent dans les perforations du film
pendant la phase d’immobilisation, puis elles tirent
le film sur la longueur d’une image ; dans un
mouvement de retrait,  elles se dégagent ensuite
des perforations et reviennent en position de
pénétrer à nouveau dans les perforations.
Le  mécanisme de la croix de Malte, d’invention
contemporaine à celle du cinéma. Le tambour denté
est solidaire d’une pièce usinée – la croix –
comportant quatre rainures en croix dans lesquelles
vient s’engager un ergot placé à la périphérie d’une
pièce tournant à vitesse constante : à chacun de ses
tours, l’ergot fait tourner la croix de 90°. Pendant les
phases où l’ergot n’entraîne pas la croix, un disque
solidaire de la pièce porte-ergot vient s’appliquer
contre les faces échancrées de la croix, ce qui
garantit l’immobilisation de cette dernière. 7
LE PROJECTEUR
Au tout début, la projection de films s’effectuait  en conjuguant deux éléments distincts : une source  de
lumière ; un dispositif d’avance du film, éventuellement identique – comme sur le cinématographe Lumière –
au mécanisme employé pour la prise de vues.

REPERES HISTORIQUES
La caméra obscura (XVIème siècle) projette la lumière extérieure dans une pièce plongée dans le noir.
L’image ainsi projetée est inversée. Le principe optique photographique est né.
La  lanterne magique (dès 1650) est une chambre noire inversée, elle permet la projection d’images
peintes sur verre. Elle est utilisée au XVIème siècle pour des spectacles de «fantasmagories», projection de
spectres, de fantômes, évocation du surnaturel, de l’au-delà.
1822 : Niepce invente la photographie
Le thaulatrope (1826) est un petit jouet optique, fait d’un disque à deux faces. Chaque face comporte un
dessin complémentaire. Lorsqu’on le fait tourner rapidement, les dessins se superposent donnant une image
nouvelle.
Le folioscope ou fleep-book est un petit livre dont chaque page porte un dessin qui diffère légèrement
du précédent. Il suffit de le feuilleter rapidement pour voir bouger un personnage.
1829 : Joseph PLATEAU, un inventeur belge, publie une théorie sur la persistance rétinienne.
1833 : Joseph PLATEAU crée le phénakistiscope. Un disque roulant donnant l’illusion du mouvement. Il se
regarde devant un miroir.
1834 : William G. HORNER présente le zootrope. Un cylindre tournant qui donne l’illusion du mouvement
des figurines sont à l’intérieur. On regarde au travers des fentes taillées sur le pourtour du tambour.
1872 : Eadweard MUYBRIDGE commence ses expériences photographiques sur des objets en mouvement.
A l’aide d’une batterie de 24 appareils photos, il reconstitue le mouvement d’un cheval.
1877 : Emile REYNAUD fait breveter son praxinoscope, une machine cylindrique qui se sert de miroirs pour
donner l’illusion du mouvement.
1880 :  Praxinoscope à projection. Par un savant système de miroirs, on parvient à projeter une image
animée sur un écran.
1888 : Etienne MAREY invente le chronophotographe, une caméra qui utilise une bobine de pellicule.
1892 : Théâtre optique de Emile REYNAUD. Il projette des «pantomimes lumineuses », des bandes
transparentes peintes à la main racontant une petite histoire. Il dessine minutieusement chaque image sur un
support de gélatine.
1889 : On peut se procurer sur le marché américain un nouveau support photographique souple et
transparent. Le film est inventé, il a une largeur de 35 mm.
1889 : Edison invente le phonographe et commerciale le kinetoscope, coffre de bois avec un oculaire ne
permettant qu’un spectateur unique.
1891 : Edison inventent le kinétographe, une caméra pour filmer les images en mouvement.
1895 : Première projection publique du cinématographe par les frères Lumière. Le travail de génie des
frères Lumière consiste dans le système d’avancement du film. A partir du principe de la machine à coudre,
Louis Lumière met au point un système d’entraînement qui permet un défilement saccadé du film et une
projection agrandie des images est rendue possible  en faisant coïncider l’arrêt du film avec l’ouverture de
l'obturateur.
1899 : Edison sonorise son kinétoscope, mais l’appareil reste à usage individuel.
1927 : Hypergonar du professeur Chrétien (il est à la base du cinémascope)
 Premier film parlant : Le chanteur de jazz
1929 : Exploitation généralisée de différents procédés sonores
1932 : Première émission de télévision
1935 : Premier long métrage en Technicolor
1952 : Cinérama
1953 : Cinémascope
1968 : Naissance de la vidéocassette d’utilisation publique (Sony) 4
NOTIONS TECHNIQUES SUR LE CINEMA
LE CINEMA
L’enregistrement des images se fait à l’aide d’une  pellicule sur laquelle se trouve une émulsion à base
d’argent ; celle-ci réagit à la lumière : comme pour les photographies, il suffira alors de développer cette
pellicule pour obtenir un négatif.
Le cinéma est donc en réalité une suite de photos fixes qui défilent au rythme de 24 images par seconde.
Autrefois cette vitesse était de 16 à 19 i/s, ce qui produit de nos jours des films aux allures saccadées car ils
sont rarement projetés à la bonne vitesse.
Le cinéma nous donne qu’une illusion du mouvement.  En effet, le cinéma utilise la capacité de l’œil à
« garder en mémoire », pour un temps très bref (un dixième de seconde), une image déjà disparue dans la
réalité (le persistance rétinienne). Si l’on enchaîne les images (24 fois par seconde) qui composent une
action, on crée une impression de continuité entre  ces images, séparées par un intervalle noir : ainsi naît
l’illusion du mouvement. Cette propriété est utilisée des le 19
e
 avec de drôles de jouets aux noms bizarres :
Zootrope, phénakistiscope, praxinoscope, etc.
Le Praxinoscope     Emile Reynaud aux commandes de son Théâtre optique
Plaque de lanterne Magique        Affiche publicitaire 5
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