LE SON AU CINEMA
Au moment de la naissance du cinéma, entre 1890 et 1895, l’enregistrement et la reproduction des sons
étaient acquis, grâce au phonographe, inventé par Edison en 1877. (Le son était alors inscrit sur des
cylindres). Il était donc tout naturel que, très tôt, les inventeurs aient pensé au cinéma sonore. Avant même
l’apparition du cinématographe, Edison avait d’ailleurs conçu le Kinétophone, association d’un Kinétoscope et
d’un phonographe.
Le problème qui se posait aux chercheurs étaient la synchronisation de l’image et du son.
A partir de 1912, les programmes du Gaumont Palace comportèrent régulièrement de courts sujets sonores,
telles des scènes d’opéra ou d’opérette, filmé en postsynchronisation avant la lettre puisque l’artiste, pour
la prise de son, devait se placer devant l’embouchure du pavillon de l’appareil d’enregistrement. Hormis ce
genre d’attraction, le cinéma demeura donc muet. Mais ce ne fut pas pour autant un cinéma silencieux, bien
au contraire : sans même parler des bruiteurs, voire des commentateurs, il était rare que la projection ne soit
pas agrémentée d’un accompagnement musical, par un pianiste dans les petites salles, par un orchestre
dans les grandes.
Pendant que certains s’efforçaient de synchroniser disque et projecteur, d’autres s’attaquaient à
l’enregistrement du son sur le film par voie photographique. En 1907 l’amplification électrique des sons est
sur le point de naître. A la fin de la guerre de 14, le système aujourd’hui classique – amplificateur plus hautparleur – était devenu une réalité. Du coup les recherches sur le cinéma sonore reprirent.
En 1923 le Phonofilm à piste latérale est présenté à New York.
A cette date, la technique était donc à peu près au point. Mais on était alors dans la grande époque du muet,
qui présentait l’énorme avantage de l’universalité, au seul prix – modique – de la traduction des intertitres.
L’introduction du son était de nature à bouleverser l’équilibre économique de l’industrie cinématographique.
Néanmoins, les frères Warner sautèrent le pas.
En 1926, ils présentaient à New York le premier long métrage sonore : Don Juan de Alan Crosland. Il n’était
pas parlant mais seulement agrémenté de musique et de bruitage.
En octobre 1927, le grand coup fut enfin frappé par les frères Warner avec Le Chanteur de jazz de Crosland.
C’était pour l’essentiel un film muet intertitré avec accompagnement musical, mais il y avait aussi des scènes
où Al Johnson chantait et surtout parlait. Ce n’était pas le cinéma sonore qui arrivait : c’était « le parlant ».
La technique utilisée aujourd’hui pour sonorisé les films est le son optique (pour les films en distribution
commerciale dans les salles de cinéma). Le son est ici transcrit par des variations de la transparence d’une
« piste sonore » situées en marge du film. Au niveau du dispositif de lecture, cette piste est éclairée de façon
uniforme par une petite lampe dite « excitatrice ». De l’autre côté du film, une cellule photoélectrique reçoit
un éclairement variable, qu’elle transforme en petites variations électriques, amplifiées par l’amplificateur. 9
ELEMENTS DE LANGAGE CINEMATOGRAPHIQUE
L’échelle des plans
Le plan est la plus petite unité d’un film dont la durée est très variable. C’est un fait, un événement
tourné en une seule fois, sans arrêt de la caméra (lors de la prise de vue). Le plan tel qu’il est visible dans un
film monté (film projeté en salle) peut être une partie de ce plan de tournage. Un même plan de tournage
peut faire plusieurs plans dans un film monté.
Plan général ou plan d’ensemble :
Vision globale du décor, avec ou sans
personnages
Plan de demi-ensemble :
Plus resserré que le précédent (groupes de
personnages)
Plan moyen :
Personnages en pied avec décor bien visible.
Permet de se concentrer sur le(s) personnage(s).
Plan américain :
De la tête aux genoux. Provient surtout du
western (personnage vu avec le revolver le long
de la cuisse)
Plan rapproché :
La taille ou la poitrine. Plus intime que le
précédent.
Gros plan :
La tête (épaules) ou une partie du corps ou encore
d’un objet10
La séquence :
Succession de plans formant une unité autonome, le plus souvent d’ordre narratif, qui admet une plus ou
moins grande discontinuité spatio-temporelle.
Le plan-séquence :
Cas particulier de séquence (ou de plan). Filmage d’une prise unique comprenant par exemple des
mouvements de caméra, des changements de profondeur de champ, des entrées et sorties et déplacement
de personnages.
Insert :
Très gros plan (parfois gros plan) qui s’intercale dans le déroulement logique d’une séquence à titre de
rappel ou d’explication ou pour attirer l’attention
Plan de coupe :
Plan sans absolue nécessité, si ce n’est qu’il «repose» la narration ; il peut être utilisé comme insert ou pour
créer un certain rythme.
Profondeur de champ :
C’est la zone de l’image où la mise au point est correcte (netteté).
Angles et cadrages
Angle (de prise de vue) :
Position de la caméra par rapport au plan principal du motif
dominant
Le champ :
Désigne le fragment d’espace donné à voir, délimité par les
quatre côtés du cadre
Contrechamp :
Désigne le fragment d’espace opposé (à 180°) au champ
Champ / contrechamp :
Changement de place de la caméra. Permet de suivre
facilement les conversations, sans distraire le spectateur.
Hors-champ :
Désigne tout l’espace non montré par le champ, mais dont
l’existence est suggérée par celui-ci.
Très gros plan :
Il met en valeur un détail. 11
Angle normal :
A hauteur d’homme
Caméra subjective :
Le spectateur voit, par le biais de la caméra, avec les yeux d’un
personnage.
Plongée :
La caméra domine le sujet. Elle aplatit, suggère
l’écrasement, l’étouffement, l’angoisse, le danger, la
tristesse, l’isolement, etc.
Contre-plongée :
La caméra est au ras du sol et pointe vers le haut le
sujet. Elle magnifie, suggère l’exaltation, la
puissance, la domination, le triomphe, l’orgueil, etc.
Angle oblique :
Cadrage penché. Suggère le déséquilibre, une
grande tension. 12
Les mouvements de caméra
Panoramique :
La caméra pivote sur son axe. Le panoramique peut être horizontal ou vertical.
Le travelling :
La caméra se déplace (généralement sur des rails)
Travelling avant : concentre l’attention sur le sujet
Travelling arrière : isole, découvre le sujet
Travelling circulaire : la caméra tourne autour de personnages
Travelling vertical : peut s’effectuer de bas en haut ou de haut en bas. On utilise souvent une grue
Le zoom :
C’est le travelling optique. La caméra reste fixe, mais la focale de l’objectif varie. Il peut être avant ou
arrière. Contrairement au travelling qui permet de garder toute sa profondeur de champ à l’image, un zoom
avant en faisant varier la focale, diminue également la profondeur de champ (moins de netteté). Le zoom
avant procure également un effet d’écrasement, l’image est aplatie et n’a plus aucun relief.